Vendée Globe - Armel Tripon : “L’important n’est pas le triomphe mais le combat”

Aya Magdi Mercredi 23 Décembre 2020-13:15:01 Sports
Le skipper français Armel Tripon à bord de son bateau  “L’Occitane en Provence”, au cours du Vendée Globe
Le skipper français Armel Tripon à bord de son bateau “L’Occitane en Provence”, au cours du Vendée Globe

Capitaine d’un bateau capable de voler, Armel Tripon a vu très tôt s’envoler ses rêves de victoire sur le Vendée Globe en raison d’une avarie. “Je trace ma route” et “je suis maître de mes émotions”, assure-t-il à l’AFP dans son carnet de bord, faisant sienne une réflexion de Coubertin. “L’important, dans la vie, ce n’est pas le triomphe mais le combat”, cite le marin de 45 ans qui participe à son premier tour du monde en solitaire à bord d’un bateau flambant neuf (L’Occitane en Provence) et qui se trouvait lundi en 14e position, au 43e jour de course. “J’ai longtemps pensé que la compétition se résumait à battre l’autre, vouloir le tuer! Aujourd’hui, alors que l’on me questionne sur ma philosophie de la compétition, je suis bien loin de ces canons! Ce n’est certainement pas ce qui m’anime pendant ce Vendée Globe; c’est un vaste débat et chacun y trouve ou pas son chemin, sa motivation. En ce qui me concerne, je ne m’occupe plus de mes adversaires, je ne perds plus d’énergie à essayer de me comparer comme j’ai pu le faire pendant des années. Aujourd’hui, je trace ma route. La compétition est d’abord une introspection, une connaissance de soi profonde et sincère, un match avec soi-même! Qu’est-ce qui m’anime? Qu’est-ce que je viens y chercher? Ensuite, comment est-ce que je gère mon quotidien, mes problèmes, mes joies, mes soucis. Sur quoi j’ai de l’emprise et sur quoi je ne peux rien faire et dans ce cas, ne pas perdre de temps et d’énergie à se lamenter. Je me concentre sur le moment présent, sur ce que j’ai dans l’instant comme cartes en mains, ce que je dois faire pour aller vite, aller au bon endroit, garder mon bateau en état de compétitivité, et me gérer physiquement et mentalement. J’ai mes recettes, mes rituels comme tout compétiteur qui se respecte, je tiens ma feuille de route et ne laisse jamais mon cerveau m’embarquer dans des films qui me sortent du moment présent. Je gère mes émotions comme je gère mon bateau, si je souhaite laisser entrer un bon moment ce qui me fait chaud au cœur, qui me rappelle un souvenir alors je prends le temps de le faire mais en contrôlant: je suis maître de mes émotions et ça, pour moi, c’est devenu ma ligne directrice dans ma gestion de la course et, je dirai, de ma vie de tous les jours”.

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